L'Ours blanc au Musée d'Orsay
Kim Thomas

 

Rien que silence pendant que je glisse ma main droite sur son flanc blanc étiré. J'hésite avant de continuer, en regardant tout autour de moi, puis je permets à la main d'aller plus haut pour caresser le long de l'étendue de son dos si dure, si solide. Je sens sa peau albâtre qui se réchauffe un peu dessous ma paume. De sa hauteur, ses petits yeux ronds regardent tout droit, ses oreilles fines se tiennent tout près de sa tête raffinée au bout de son cou extrêmement muscle. Il porte un air inébranlable, en dépit de mes attentions; quand même, il y a le début d'un petit sourire légèrement coquin qui joue aux deux coins de sa bouche. Evidemment ce n'est pas la première fois qu'il a subi de tels doux câlins.

Le précurseur en plâtre de ce chef d'oeuvre du sculpteur français, François Pompon, a été montré la première fois en 1922 au Salon d'Automne à Paris. En 1927, l'Etat a commandé de Pompon celui en pierre de Lens, l'Ours blanc, qui habite aujourd'hui sur la Terrasse Lille du Musée d'Orsay. François Pompon (1855-1933), des origines bourguignonnes, a appris à sculpter en travaillant avec d'autres artistes, même avec le maître Rodin. Après le succès de son Ours blanc, Pompon a reçu beaucoup de célébrité pour son travail et aujourd'hui les critiques le considèrent comme un des plus grands sculpteurs des animaux. Sa ménagerie comprend aussi des ours bruns, un bouledogue, et même un escargot.

L'Ours blanc de Pompon a un frère en béton qui habite au jardin Darcy à Dijon. Il a aussi un tout-petit frère qui habite sur une étagère chez moi; une reproduction en résine que j'ai achetée à la boutique du Musée d'Orsay. A mon avis, Pompon a bien achevé le but de l'artiste, traiter les choses ordinaires de la vie de sa propre vision pour nous convaincre de les regarder d'une nouvelle façon. Au premier coup d'oeil, l'Ours blanc peut sembler lourd comme un pave, statique, ou même comme une caricature d'un ours. Mais le plus longtemps que l'on le regarde, que l'on se laisse être séduit par ses lignes simples, mais sinueuses, ses grosses pattes qui ne font aucun bruit sur la neige, son air badin et charmant, et sa fierté dans son immensité, le plus l'on éprouve la sensation viscérale que Pompon a bien capture l'essence naturelle d'un ours blanc.

15 semptembre 2005

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